Podo-pédiatrie : enfant & adolescent

Table des matières
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    Croissance, enfance, adolescence et podologie

    Entre la naissance et l’âge de 18 ans en moyenne, la croissance entraine des modifications plus ou moins rapides des structures cartilagineuses, osseuses, articulaires. Chez les tout petits et avant l’acquisition de la marche, une consultation en podologie peut permettre de repérer d’éventuelles déformations et de prodiguer un ensemble de conseils (strapping, exercices , massage par les parents…) afin d’améliorer les symptômes. Les déformations ou dysfonctions peuvent être podales (localisées au pied) ou au niveau des articulations sus-jacents : genu valgum, luxation congénitale de hanche, scoliose… Dans les cas de scoliose par exemple, le suivi postural va permettre de vérifier, en collaboration avec le pédiatre et, si besoin, le médecin rééducateur, l’évolution de la posture et des douleurs de l’enfant. L’outil d’analyse Spine 3D du cabinet permet de quantifier, en plus de l’ensemble des tests cliniques, l’évolution des courbures. De même, la croissance et pratique sportive peuvent parfois être compliquées par des pathologies de croissance, bénignes mais douloureuses et invalidantes. Ainsi, afin de diminuer les douleurs,  la prise en charge podologique et postural peut-être une aide ponctuelle. Voici quelques cas fréquemment pris en charge en podo-pédiatrie…

    Pathologies congénitales

    Une pathologie congénitale est une maladie ou un trouble qui est présent dès la naissance d’un individu. Elles sont généralement causées par des facteurs génétiques ou des anomalies dans le développement de l’embryon pendant la grossesse. Les pathologies congénitales peuvent affecter différents segments du corps et varier en termes de gravité et d’impact sur la santé. Certaines pathologies congénitales peuvent être détectées avant la naissance grâce à des tests prénataux, tandis que d’autres peuvent ne pas être diagnostiquées avant plusieurs années après la naissance.

    Déformations du pied et des orteils

    Pied plat

    Le pied plat qualifie un pied dont l’arche du pied est très peu dessinée, voire absente. Le pied plat est physiologique chez l’enfant jusqu’à l’âge de 2 ans, du fait de  l’hyperlaxité ligamentaire et la présence d’un pannicule adipeux au niveau du bord interne du pied. La majorité des pieds plats sont ainsi bénins, physiologiques, asymptomatiques, correspondant à un morphotype de pied. On parle alors de pied plat idiopathique bénin postural ou statique. Il est important pour un pied en croissance de ne pas être contraint par une voûte plantaire trop marquée (liée à la chaussure ou à une semelle) afin de laisser la musculature intrinsèque du pied se développer et progressivement creuser la voûte plantaire naturellement. En revanche, si d’autres symptômes s’ajoutent, ou que le pied plat persiste chez les enfants au-delà de la 6ème année, il peut justifier la demande d’un avis spécialisé, si l’enfant présente des douleurs à la marche (au niveau de la voûte plantaire, des chevilles, des genoux, des hanches ou de la région inférieure) de façon intermittente ou permanente. De même, si l’on constate que l’enfant a des difficultés à marcher ou à courir, cela peut être le signe d’instabilités ou de troubles d’appuis. Lors de la marche ou de la course, les muscles et les articulations doivent compenser le manque de soutien de la voûte plantaire. Un pied plat dysfonctionnel peut entraîner une démarche anormale chez les enfants qui peut affecter l’équilibre et la coordination, en favorisant un genu valgum dynamique (rotation du genou vers l’intérieur)

    Pied creux

    A l’inverse du pied plat, l’arche du pied est très prononcée. Cela peut également causer des douleurs d’hyperappui des têtes métatarsienne, des tensions musculaires et instabilités de cheville. Chez l’enfant, cette augmentation de la hauteur des arches longitudinales du pied est fréquemment associé à un trouble neurologique.

    Pied bot (varus, valgus, équin, talus)

    Anomalie congénitale du pied qui provoque une torsion ou une déformation du pied. Cela peut nécessiter une intervention chirurgicale pour corriger la position du pied. Un pied bot commun se caractérise par une position vers l’intérieur et l’arrière-pied, avec une cheville se courbant vers le bas et vers l’intérieur. Le pied peut simplement paraître déformé, ayant été maintenu dans une position anormale dans l’utérus (posture du pied bot). En revanche, le vrai pied bot est un pied structurellement anormal, il représente une véritable malformation (un défaut de développement chez le bébé qui survient dans l’utérus). Dans ce cas, les os des jambes, des pieds ou des mollets sont souvent sous-développés. La position du pied bot peut être corrigée par une immobilisation articulaire et une thérapie manuelle (kinésithérapie, ostéopathie) visant à redresser la position du pied et de la cheville En cas de véritable pied bot, un traitement précoce avec immobilisation est certes judicieux, mais des interventions souvent complexes, généralement chirurgicales, sont également nécessaires

    Metatarsus adductus

    Cette pathologie se caractérise par un pied orienté vers l’intérieur. La mobilité des articulations du pied et de la cheville peux ainsi être limitée. Dans le metatarsus varus, la surface inférieure du pied est orientée vers l’intérieur de telle manière que la voûte est relevée. Cette anomalie est généralement due à la position dans l’utérus, ne disparaît habituellement pas après la naissance et il peut être nécessaire de poser des K-taping ou strapping de façon temporaire pour corriger l’anomalie.

    Syndactylie

    État dans lequel deux orteils ou plus sont fusionnés. Ces déformations affectent une ou plusieurs structures anatomiques. Dans le plan vertical c’est camptodactylie : les orteils sont légèrement pliés comme des griffes. Dans le plan horizontal, on parle de clinodactylie (les doigts se courbent souvent vers l’intérieur ou l’extérieur en raison de défauts de croissance congénitaux des phalanges). Ces variantes peuvent être combinées entres elles.

    Déformations du membre inférieur

    Dysplasie de la hanche

    La dysplasie de la hanche est une malformation congénitale liée à des problèmes de développement de l’articulation de la hanche au cours de la croissance fœtale et se caractérise par le fait que le fémur ne s’intègre pas bien dans l’articulation à la naissance. Si elle n’est pas traitée, elle peut entraîner des problèmes de développement de la hanche et altérer la marche. Sur prescription du pédiatre ou d’un chirurgien orthopédique pédiatrique, une prise en charge jumelée kinésithérapeutique et podologique et améliorer la symptomatologie.

    Genu valgum

    Egalement connu sous le nom de « genoux en X », c’est une condition dans laquelle les genoux se touchent ou se rapprochent lorsque l’enfant est debout. Cela peut être congénital, et plus ou moins accentué par la musculature des segments jambiers pendant la croissance.

    Genu varum

    Egalement connu sous le nom de « jambes arquées », les genoux sont écartés lorsque l’enfant est debout.

    Pathologie de croissance de l’enfant et de l’adolescent

    Voici quelques pathologies de croissance courantes chez les enfants :

    Scoliose

    La scoliose est une déformation permanente de la colonne vertébrale (ou rachis) dans les trois plans de l’espace (de face, de profil et en transversal). Cette déviation du rachis est liée à une rotation des vertèbres les unes par rapport aux autres. En cas de scoliose, la colonne vertébrale présente une torsion et ses courbures naturelles sont modifiées. Cette maladie entraîne une gibbosité (déformation du haut du dos en forme de bosse). Elle survient surtout dans l’enfance et l’adolescence, mais peut aussi se déclarer à l’âge adulte. Il est important de consulter un médecin ou un spécialiste si vous pensez que votre enfant présente l’une de ces pathologies de croissance afin d’obtenir un diagnostic précis et un traitement approprié. La prise en charge des scolioses peut associer de la surveillance médicale, de la rééducation kinésithérapeutique, le port de semelles orthopédiques, parfois le port d’un corset… selon l’intensité de la courbure. En complément des radiologies EOS (instrument innovant d’imagerie par rayons X, notamment grâce aux faibles doses d’irradiation) prescrite par le médecin, un suivi postural  peut être effectué tous les 4 à 6 mois au cabinet afin de surveiller l’évolution de la courbure. Pour plus de précisions sur le suivi le scoliose au cabinet dans le diagnostic et la surveillance des scolioses de l’enfant et de l’adolescent: Intérêt de l’imagerie 3D dans le diagnostic et la surveillance des scolioses de l’enfant et de l’adolescent

    Sur la vision 3D de la colonne vertébral et son intérêt : https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/21173617/

    Et sur la classification 3D des scolioses chez l’adolescent : https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/32026444/

    Syndrome de Sever (ou ostéochondrose de croissance du calcanéum)

    Pathologie de croissance affectant la partie postérieure du talon (calcanéum) chez les enfants très sportifs. Elle est bénigne et survient souvent à l’adolescence entre 8 et 16 ans, plus fréquemment chez les garçons, souvent associée à une surutilisation par une activité physique et sportive accrue. Elle se caractérise par une douleur intense au talon lors des phénomènes de traction, de cisaillement, de conflit et d’impact du tendon d’Achille dans la zone où il s’insère dans l’os. Le repos, l’arrêt du sport et le traitement avec des semelles orthopédiques peuvent être nécessaires pour soulager les symptômes et traiter le problème sous-jacent à long terme. Si une limitation indépendante de l’articulation de la cheville est suspectée, la kinésithérapie, agissant en synergie sur la mobilité du triceps sural et du tendon d’Achille peut être réalisée. Ce travail en équipe mènera à la guérison progressive !

    Maladie d’Osgood-Schlatter, ou apophysaire du tubercule tibial

    C’est une cause fréquente de douleurs de genou chez les enfants et les adolescents en pleine croissance. Les enfants atteints de la maladie d’Osgood-Schlatter présentent généralement un gonflement et une inflammation des cartilages de croissance situées au sommet du tibia. Ce gonflement et cette inflammation peuvent provoquer une bosse osseuse douloureuse sur le tibia, juste en dessous du genou. Alors que les os se développent rapidement, les muscles et les tendons ne se développent pas nécessairement à la même vitesse, provoquant des tensions et des inflammations au niveau de leurs points de connexion avec les os. La douleur s’aggrave généralement lorsque l’enfant est actif et, s’améliore lorsqu’il est au repos. Si vous soupçonnez que votre enfant de présente une affection podo-pédiatrique , il est conseillé de consulter un pédiatre et/ou podologue pour un diagnostic précis et un traitement approprié nécessaire pour prévenir ou réduire les effets.
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